7 Novembre 2016
La ruée vers les toilettes

“La ruée vers la toilettes“. Un tel titre peut paraître bien trivial et surtout totalement farfelu. Pourtant, oserais-je, il ne l’est pas. Il est même l’illustration de ce que la folie des hommes engendre dans cette zone du monde qui devrait être terre de paix, d’entente et d’harmonie, berceau des grands monothéismes. Alors que je suis en route pour la première fois de ma vie vers Israël, cette folie humaine vient me rattraper de manière surprenante au travers de l’annonce qui nous a été faite à l’instant par l’équipage: “Mesdames et Messieurs, notre atterrissage est prévu dans une heure environ. Nous vous rappelons donc que conformément à la législation en vigueur en Israël, l’accès aux toilettes de l’appareil sera condamné quarante minutes avant notre arrivée à Tel Aviv. Pendant ces quarante minutes, nous vous prions de rester assis et attachés sur votre siège.“

 

L’annonce fait l’effet d’une bombe, si je peux me permettre cette approximation et cette analogie. En un clin d’oeil, l’allée centrale de notre Airbus se retrouve encombrée de toutes les vessies pleines et les sphincters défaillants que notre aéronef compte.

 

Trivial, disais-je? Oui, sans doute. Lorsqu’on se précipite à 900 km/h vers la Terre Promise ou convoitée, attendue ou réclamée, libre ou occupée, selon le camp dans lequel on se trouve, on ne devrait pas se soucier trop d’une banale histoire de toilette aérienne. Je dois avouer que, pour ma part, à la vue de cette ruée pour assouvir le dernier petit besoin naturel de la moitié des passagers au moins, j’ai perdu toute envie de partager le trône. Cette queuleuleu forcée et forcenée a l’avantage d’être un parfait constipant. Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer.

 

Trivial, je le redis, mais tellement significatif. Je ne me permettrai pas ici de commenter le bien ou le mal fondé d’une telle injonction car il doit bien y avoir une explication rationnelle et surtout sécuritaire à tout ce tohubohu aérien. Mais que diable les hommes ont la vision courte parfois. Des siècles de conflits, de croisades en tout genre, de pactes et de trahisons ont rendu cette terre d’Israël et de Palestine ainsi que leurs riches cultures, réduites à une interdiction d’aller aux toilettes pendant les quarante dernières minutes de vol. Etrange réalité et surprenant monde dans lequel nous vivons.

 

Cette question de la plus haute importance, réglée, il ne me reste donc plus qu’à arriver en chair et en os sur cette terre d’Israël que je découvre pour la première fois. Je m’attends à un contrôle tatillon à la frontière mais je peux finalement passer tous les check-point en moins de dix minutes. Pour le moment, de Tel Aviv, je n’ai vu qu’une côte brillant de mille feux dans la nuit noire. Je préfère retenir cette belle image.

 


November 7, 2016
The rush to the toilet

"The rush to the toilet." Such a title may seem very trivial and above all totally wacky. But I don’t think it is. It is even the illustration of how the madness of people dominates many things in this area of the world that should be the land of peace, understanding and harmony, the cradle of the monotheisms. While I'm traveling for the first time in my life to Israel, this human craziness just catches me by surprise through the announcement that was made to us by the crew: "Ladies and Gentlemen, our landing is scheduled in about an hour. We therefore remind you that according to the law in force in Israel, access to the toilets unit will be condamned forty minutes before our arrival in Tel Aviv. During these forty minutes, please remain seated and strapped to your seat."

 

The announcement had the effect of a bomb, if I can afford this approximation and this analogy. In a wink, the central alley of our Airbus is full of filled bladders and failing sphincters.

 

Trivial, I said? Probably yes. When one rushes at 900 km/h to the promised or coveted land, expected or requested territory, free or occupied soil, according to the camp where you stand, one should not worry too much about a banal airline toilet story. I must confess that, for my part, at the sight of this rush to satiate the last little natural need of half the passengers at least, I lost all desire to share the throne with someone else. This forced and frantic ‘queuleuleu’ has the advantage of being a perfect constipating. I do not know if I should laugh or cry about it.

 

Trivial, I repeat, but so significant. I will allow myself here to comment on the good or bad merits of such an injunction because there must be a rational explanation for all that air hubbub. But sometimes men have a short vision. Centuries of conflicts, of crusades of any kind, pacts and betrayals have made this land of Israel and Palestine and their rich cultures, reduced to a prohibition to use the bathroom during the last forty minute of flight. A strange reality and a surprising world in which we live.

 

This issue of the utmost importance resolved, the only remaining thing for me was to finally arrive on this land of Israel that I discover for the first time. I expected a detailed check at the border, but I could finally go through every single checkpoint in less than ten minutes. For now, of Tel Aviv, I have only seen the shiny coast visible from miles away in the dark night. I prefer to concentrate on this beautiful image.

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